Pour commencer soft, nous sommes allés faire un petit tour à la plage de Bira, située à 200km de Makassar, c'est-à-dire à 8h en transport public, à 12 dans un Toyota Kijang, avec le voisin qui crache et la jeune mère de devant qui épouille vigoureusement sa fille qui braille. Bonheur.
Heureusement, on est récompensé par l’endroit où on a finalement squatté 6 jours. Outre les nombreux karaokés de bord de plage, une des attractions de Bira est son incroyable chantier naval, où sont construits des Bugis traditionnels. Du canoë au yacht de 45 mètres, tout est fait sur la plage, en tongs, avec des mecs armés de tronçonneuses sur des échafaudages en bambou…Tu rêves !!
Et pour rêver encore plus, on a mis la tête sous l’eau….Tortues, coraux, Napoléons et autres amis sous-marins nous ont rappelé combien la mer nous est précieuse.
Mais voilà, après s’être bien ramolli le cerveau, on a repris notre Toyota Kijang dans l’autre sens direction le pays Toraja, au centre de l’île. Au cœur des montagnes, c’est encore une histoire de bateau : les maisons Toraja ont une forme atypique qui rappelle la coque d’un voilier. On dirait qu’elles voguent dans les jardins…
Et à la belle saison, devant ces charmantes habitations, les gens du Toraja se livrent à un rite funéraire bien particulier.
Nous avons eu la chance de rencontrer Jacob, qui nous a invités aux funérailles de son voisin, mort il y a 2 mois.
7h30 du matin, on arrive sur place en mobylette. Pas trop de monde, on nous offre un café et des biscuits, les gens se sont faits beaux, on va voir le cercueil (fermé, merci) et on offre nos cadeaux à la famille en guise de condoléances. Le cochon cuit sur les braises, ça sent le poil brulé mais c’est sympa.
Tout à coup, tout le monde s’agite, et au milieu de la petite place centrale débarquent 6 buffles de bonne taille. Attaché par une patte à un piquet planté dans le sol, le premier d’entre eux sera égorgé en 1 seconde ! Le sacrifice commence, la foule se resserre autour de la place tandis que le sang gicle de la gorge du second buffle, qui s’écroule placidement sur son congénère. Là, se fut un peu trop pour moi, et je suis retournée prendre un café pendant que Mat se repaissait de chair fraiche et de mouches.
6 buffles égorgés plus tard, on apprend que les dépeceurs vont s’occuper d’eux, parce que leur cuir est précieux, et qu’il ne faut pas confier la tâche au premier détenteur d’un couteau suisse venu. Ca coupe, ça tranche, ça vide sous l’œil amusé des enfants qui n’attendent plus que de récupérer la queue de la bête pour s’en faire un trophée…Dieu merci, nous ne mangerons pas cette viande, qui est destinée aux villageois venus présenter leurs condoléances. Pour une fois j’apprécie le riz nature et la brochette de tofu.
On patauge encore quelques heures dans la boue et le sang avant d’aller rencontrer la famille de Jacob, qui ferait mieux de s’appeler Job, parce qu’il est pauvre comme lui….3 cochons, 9 canards et un peu de riz que pile une grand-mère émaciée, c’est tout ce qu’il a. Son rêve c’est d’acheter une moto pour faire taxi, mais en attendant il engraisse des petits poissons pour les vendre quand ils seront gros. C’est un Trader, Jacob…
Et voilà, il est déjà temps de repartir ! Encore un petit combat de coq à la lame de rasoir pour finir sur une note bucolique et on saute dans un bus, puis dans un avion, puis dans un minibus et on débarque sur l’île de Florès, toute proche des îles Komodos ! On part plonger demain avant de se faire la « croisière s’amuse » pour retourner sur Lombok.
A plus dans le bus !!
coucou,
RépondreSupprimerj'aime toujours autant les vacances avec vous, même quand elles sont sanguinaires ... c'est un plaisir.
plein des bisous de la montagne où je vais de ce pas sacrifier quelques fraises du potager.
Malo