9 avr. 2011

Au pays du sourire…


Premier contact des plus grandioses avec le Cambodge, puisqu’après 12h de bus nous sommes arrivés à Siem Reap, aux portes des célèbres temples d’Angkor.

3 jours à pédaler ou tuk-tuker selon notre motivation, pour découvrir les sublimes temples de pierre dans leur environnement junglèsque, se perdre dans les dédales de ruines et de tourelles restaurées, se figer face aux yeux rieurs des Bouddhas souriants, surprendre un macaque onaniste concentré sur son geste, le tout en transpirant comme des vaches sous les 40° ambiants…

Mais Angkor n’est qu’une parenthèse dans le Cambodge, les vestiges d’une puissance Khmère bien lointaine et en grand décallage avec la situation économique actuelle.
Curieux d’en apprendre un peu plus, nous voilà partis en couch surfing à Battambang, 2ème ville du pays.
Nous arrivons chez Sarin, un chauffeur de Tuk tuk au sourire chaleureux, accueillis comme de vieux amis.

Pour Sarin et Sitah la vie n’est pas facile tous les jours. En travaillant 16h par jour, Sarin s’élève tout juste au dessus du niveau de vie moyen des Khmers : 60 à 80$ par mois. Chez lui c’est cuisine au feu de bois, douche à l’eau de pluie récupérée dans de grandes jarres en pierre et infatigable bonne humeur quelles que soient les difficultés du jour ! Impossible de ne pas tomber sous le charme de cette petite famille adorable, d’autant que Sarin se fait un point d’honneur à faire découvrir le Cambodge traditionnel à ses hôtes. Comment fait-on le papier de riz ? D’où vient l’encens qui brûle devant les temples ? Mais quel gout peut bien avoir le « bamboo cake » ? Qui fait les nouilles de riz, et comment ? Bien loin des grosses usines, nous avons trouvé des familles d’artisans, où tout le monde travaille dans le jardin à la production de denrées qui partiront tout droit au grand marché de Battambang. Sitah nous a fait gouter à quelques spécialités Khmères, et Mat s’est régalé avec une petite cuisse de souris d’élevage…. MMMMhhhhh !!!

Un peu plus au sud, on s’est laissé tenter par l’idée d’une nuit dans un village flottant, à environ 500m des berges du fleuve. Il faut descendre du bus, prendre une moto-taxi qui roule à 80km/h sur une route gruyère, aller jusqu’aux berges qui, croulent sous les détritus, dégagent une odeur si pestilentielle qu’on préfèrerait manger du Durian cru, et là monter dans un bateau instable en priant pour qu’il ne se retourne pas dans l’eau marron et verte du baptisé « le-fleuve-qui-pue ». Bienvenue chez les flottants !

Ah, on s’en rappellera longtemps de cette nuit flottante, dans un lit flottant d’1 mètre de large, avec quirielle de moustiques flottants, la douche flottante avec l’eau du bien nommé « fleuve-qui-pue », les speed boat qui sillonnent le village toute la nuit (notre homestay semblait être situé à coté de la 4 voies flottante), et surtout l’odeur. Comme si une chape de pet s’était abattue sur le village….Résistant à l’appel du continent, on est quand même allé faire une petite ballade en bateau le temps d’apercevoir l’école flottante, l’église flottante, la station essence flottante, la fabrique de glaçons, et les vendeuses de fruits et légumes. Expérience, quand tu nous tiens !


Retour sur la terre ferme, pour monter dans un bus pour Phnom Penh, capitale du Cambodge. Ahhh, pas de place dans le bus. Tant pis, on voyagera sur les petits tabourets plastiques posés au milieu, dont les pieds font le grand écart à chaque freinage…10 minutes après le départ, on crève. Zut. On se range au bord de la route pour changer la roue, mais personne ne descend du bus, qui, soulevé par le cric, penche sérieusement du coté du fossé….Pas de panique, on repartira 15 minutes plus tard.

Et voilà Phnom Penh, gardienne du passé colonial du pays et martyre des Khmers Rouges dans les années 70. Ca grouille de monde mais c’est pas stressé, les rues sont larges et le bord de la rivière fait belle concurrence à la promenade des anglais ! Quelques balades à pied ou en tuk-tuk, visite "devoir de mémoire" à la prison S-21, l'Auschwitz Khmer, et flâneries dans les marchés nous ont bien occupés.
Nous partons le long du Mékong demain en direction de Kratié, avant de passer la frontière du Laos.
A bientôt pour la suite !

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